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Expo sur le Drapé, avec du beau monde! Lyon 18 Déc 2019 16:35 #12673

Pour une fois une expo qui ne se tient pas à Paris mais à Lyon, sur un sujet que nous adoooorons dessiner n'est-ce pas: le drapé!!!!!
Oui mais quand c'est Michel Ange ou Ingres qui s'y collent.....

« Drapé : Degas, Christo, Michel-Ange, Rodin, Man Ray, Dürer… », Musée des beaux-arts, 20, place des Terreaux, Lyon. Jusqu’au 8 mars 2020, du mercredi au lundi de 10 heures à 18 heures, et le vendredi, de 10 h 30 à 18 heures. Entrée : de 7 € à 12 €.

un piti copier/coller, article réservé, Le Monde, 18/12/19

Le journaliste écrit à un moment"Le risque de la virtuosité et de la citation pour le plaisir est tout aussi funeste. Quand l’art n’est qu’un savoir-faire, il n’a pas grand intérêt."
qu'en pensez vous?


Il faut de l’audace pour consacrer une exposition au drapé. A peine entendu, le mot suscite des images d’élèves « pignochant » – argot d’atelier qui signifie travailler avec une fastidieuse minutie – l’étude d’un tissu plissé ou celle d’un moulage en plâtre de statue antique. « Drapé » sent l’académie, la poussière, la nostalgie d’un « beau métier » supposé perdu. Rien de très attirant. Sylvie Ramond et Eric Pagliano, les deux commissaires de l’exposition présentée au Musée des beaux-arts de Lyon, ne l’ignoraient évidemment pas quand ils se sont lancés à eux-mêmes cet étrange défi : choisir ce sujet et prouver qu’il en vaut la peine.
Le sujet mérite d’être traité, à condition de le faire de la manière la plus large, « de l’Antiquité à nos jours »
Ils s’en sont donné les moyens : plus de deux cent cinquante œuvres, la chronologie la plus large, de l’Antiquité à aujourd’hui, et la plus grande diversité de modes de création, du dessin à la vidéo en passant par la peinture, la sculpture, la photographie et la performance. La distribution est brillante : Raphaël, Dürer, Grünewald, Ghirlandaio, Michel-Ange, Pontormo, Poussin, David, Füssli, Ingres, Girodet, Moreau, Picasso, Grosz et Léger côté papier et toile ; côté photographie, Man Ray, Cartier-Bresson, Cunningham ; Bernin, Rodin et Bourdelle côté sculpture.


"L'Odyssée", Ingres, 1850

Auxquels s’ajoutent des artistes moins connus, choisis pour la valeur démonstrative de tel croquis ou esquisse ; et des vivants, Orlan, Jananne Al-Ani, Zineb Sedira, Alain Fleischer, Didier Trenet. D’autres grands anciens, d’autres méconnus et encore plus de contemporains auraient pu être conviés, dont Annette Messager, Georg Baselitz, Marc Desgrandchamps, Djamel Tatah et Maurizio Cattelan. Ce qui prouve que le sujet mérite d’être traité, à condition de le faire de la manière la plus large. Aussi sort-on de l’exposition convaincu qu’il fallait la concevoir ainsi, « de l’Antiquité à nos jours » comme on disait jadis.


"La porte de Demeter", Ernest Pignon Ernest, 1992
(Là c'est moi qui ajoute: lui il m'énerve. Je l'admire énormément, un immense artiste de rue, dessinateur, tout! Mais il a signé la pétition EN FAVEUR de la corrida!!! C'est plus mon ami. Pi chuis sûre qu'il décalque, na!)

On l’est dès la première salle. S’y trouvent un marbre grec, un pleurant de la fin du XVe siècle, une étude virtuose de David pour Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils : l’histoire à laquelle on s’attend. Cartier-Bresson et Mathieu Pernot, clochards enveloppés de sacs, migrants sous leurs couvertures : on s’y attend moins. La juxtaposition de ces œuvres est une manière explicite d’afficher le programme suivi.
Danger du stéréotype
Les deux questions majeures qui structurent l’exposition sont ainsi énoncées. L’une est interne au métier d’artiste et se subdivise en points techniques et historiques. Comment dessiner un drapé qui se tienne ? D’après quels modèles anciens d’Egypte ou de Grèce ? En travaillant d’après les maîtres ou d’après modèle ? En employant un mannequin articulé ? Et, dans ce cas, en choisissant quel genre de tissu ? La photographie peut-elle aider ? Sur ces affaires de pratique et de bricolage, l’exposition abonde en curiosités.

« Draperie pour une femme debout, de profil » (vers 1630-1650), par Charles Le Brun, sanguine et rehauts de craie blanche sur papier beige.
La section des mannequins révèle des sculptures mobiles, les unes détaillées, les autres simplifiées car destinées à être recouvertes. Il y en a des féminines, rembourrées aux seins et au ventre, et des masculines, plus sommaires. Avec ces poupées, il n’est plus nécessaire de faire poser dans l’atelier pour obtenir une sainte ou un saint, une Lucrèce ou un Saint-Pierre. Une fois tracées les lignes directrices du manteau, de la soutane ou de tout autre vêtement plié selon une certaine posture, elle-même déterminée par le sujet, il ne reste qu’à ajouter des mains et des visages, qui ont été étudiés séparément, souvent d’après le modèle vivant. Ainsi examinées, la peinture et la sculpture, de la Renaissance à la fin du XIXe siècle, apparaissent comme des suites logiques d’actions exécutées séparément qui finissent par se rejoindre dans l’état final du tableau.
Quand l’art n’est qu’un savoir-faire, il n’a pas grand intérêt
Ces méthodes se perfectionnent à mesure que des moyens nouveaux sont disponibles : calquer, coller, transférer, projeter. Elles se transmettent et s’enseignent. Là-dessus, les Français du XIXe siècle font l’objet d’un traitement particulièrement détaillé : Ingres, Degas, Moreau, Lehmann, Puvis de Chavannes ou Cogniet sont de grands professionnels, autant qu’avant eux Le Brun, Vouet ou Le Sueur. Mais le danger du stéréotype est vite visible : confondre création et jeu de construction ou d’assemblage, réalisé avec des pièces qui ne changent pas d’une composition à une autre – le drapé de l’homme qui lève les bras d’émotion, le drapé de la femme assise qui médite (ou pleure, ou ne fait rien, c’est selon), le drapé de la femme (ou de l’homme, comment savoir ?) agenouillé(e) qui prie ou implore. Le risque de la virtuosité et de la citation pour le plaisir est tout aussi funeste. Quand l’art n’est qu’un savoir-faire, il n’a pas grand intérêt.

Etude pour la draperie de la Sibylle de Delphes, par Michel-Ange, pour le plafond de la chapelle Sixtine, au Vatican, collection du British Museum, à Londres. THE TRUSTEES OF THE BRITISH MUSEUM
Ainsi en vient-on à la seconde question : à quoi bon un drapé ? L’exposition y répond en mettant en évidence les capacités d’expression propres à cet accessoire quand il est pleinement employé. Il y a, par exemple, le drapé voletant, volage et lascif : une danseuse au voile transparent de Füssli, les écharpes en volutes de Bourdelle, les plis au plus près du corps de Delacroix, Moreau ou Puvis de Chavannes, ce dernier moins chaste qu’on ne le dit.
« Migrants » (2009), de Mathieu Pernot, tirage jet d’encre. (Il y a des photos et des sculptures également)
Le cas le plus remarquable est celui d’Antonio Corradini, sculpteur vénitien du XVIIIe siècle. Son Allégorie de la foi serait plus justement intitulée « apologie des seins » ou « éloge de l’anatomie féminine » car la Foi n’a qu’une gaze mouillée collée à la peau pour vêtement. Le drapé sexuel finit en ouverture en V largement écarté et explicite, chez Robert Morris et James Welling – et, quatre siècles plus tôt, chez Raphaël. A l’extrême opposé se trouve le froissé amorphe et flasque, celui du suaire jeté sur un cadavre et de la couverture sous laquelle se cache un SDF ou un réfugié. Le plus remarquable est qu’il n’y a alors aucun doute : le corps est invisible et le drapé fait tout comprendre.

Vidéo de Présentation
Pièces jointes :

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Dernière édition: par Code by Claudia.

Expo sur le Drapé, avec du beau monde! Lyon 18 Déc 2019 17:27 #12678

Ca a l'air bien ! Ils sont remarquables ces drapés !

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Expo sur le Drapé, avec du beau monde! Lyon 19 Déc 2019 13:24 #12711

Effectivement, de beaux exemples de drapé !

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Expo sur le Drapé, avec du beau monde! Lyon 19 Déc 2019 14:04 #12721

Code by Claudia écrit: Le journaliste écrit à un moment"Le risque de la virtuosité et de la citation pour le plaisir est tout aussi funeste. Quand l’art n’est qu’un savoir-faire, il n’a pas grand intérêt."
qu'en pensez vous?

Coucou Claudia ! :-) Merci pour cette communication.
Pour tenter de répondre à ta question, je crois qu'il ne faut pas extraire cette affirmation du journaliste de son contexte. Ce qu'il dit juste avant est essentiel pour en saisir le sens, et beaucoup de forumeurs lisent les posts en diagonale, donc cela peut échapper :-)
Il dit, je cite :
Mais le danger du stéréotype est vite visible : confondre création et jeu de construction ou d’assemblage, réalisé avec des pièces qui ne changent pas d’une composition à une autre – le drapé de l’homme qui lève les bras d’émotion, le drapé de la femme assise qui médite (ou pleure, ou ne fait rien, c’est selon), le drapé de la femme (ou de l’homme, comment savoir ?) agenouillé(e) qui prie ou implore. Le risque de la virtuosité et de la citation pour le plaisir est tout aussi funeste. Quand l’art n’est qu’un savoir-faire, il n’a pas grand intérêt.
Si je comprends bien, il pense que si pour "bien faire" on joue aux mécaniciens, on obtient quelque chose de net mais qui ne fait pas forcément vibrer car un peu artificiel et sans personnalité. Je ne suis pas loin d'être de son avis ;-) Je préfère quelque chose d'imparfait mais authentique à un "montage" d'exécutions diverses impeccables mais empruntées à des "modèles" couramment employés.
Ma mini GALERIE au Café des Arts
Je peins, tu peins, il peint, nous peignons, vous peignez, ils peignent... sans dé mais ce peut être par jeu quand même ;-)

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