Oups ! Je découvre les interventions de Philippe. Je ne comprends pas pourquoi je n'ai rien vu en octobre. Désolé !
Merci de nous montrer ce que font des artistes.
Je reviens sur ce fil pour apporter quelques précisions suite à mon "miroir capricieux".
**************************************************************************************************************************
Comment je vois la grisaille, en dehors des explications théoriques et historiques.
Je pars du principe que la lumière est réfléchie sur un fond blanc. Par contre, plus le fond est foncé, moins elle est réfléchie.
Si on utilise une peinture de couleur translucide, elle apparaîtra donc claire sur un fond blanc et d’autant plus sombre que le fond sera foncé.Mais ce sera la même !
En l’absence de grisaille, on est obligé de foncer la couleur et donc de la modifier plus ou moins.
Le principal intérêt de la grisaille, en posant les valeurs, est de rendre compte des volumes.
Je trouve qu’il est beaucoup plus facile de peindre les volumes avec une couleur unique (un camaïeu)
Dans le cas de paysages, il n’y a pas trop de problème mais dans le cas d’un portrait, se pose le problème des dégradés pour figurer les innombrables arrondis !
Avec ce visage, j’étais dans mes essais : quel camaïeu ? Comment peindre les dégradés ?
J’utilise essentiellement des pinceaux-brosse à poils raides.
Medium : 1/3 huile 2/3 essence de térébenthine.
Je trempe le pinceau dans mon medium et je prends un peu (très peu) de noir.
La couche sera donc très mince sauf si on se rapproche du noir. Pas d’ajout de blanc, c’est le fond blanc qui fait le travail
J’étale sur la zone souhaitée mais en évitant aux pigments de se concentrer (passer et repasser doucement dans un sens et dans l’autre...).
Pour réaliser les dégradés, il faut aller du clair vers le sombre car la brosse pousse les pigments. J’essuie le pinceau après chaque passage afin de ne pas rapporter des pigments dans la zone claire.
Dans le cas de très petites surfaces, il m’arrive d’utiliser des coton-tige.
Pour éclaircir une zone importante, de l’essuie-tout fait le nécessaire.
Pour effacer une zone qui ne doit pas être peinte, coton tige au brosse enduite de médium…
La mise en couleur ne peut être envisagée que lorsque le camaïeu est sec.
Peindre est alors synonyme de caresser. Il ne faut surtout pas ‘’ attaquer’’ la grisaille.
Il m’arrive malheureusement de ne pas avoir bien imaginé les valeurs nécessaires. Je dois alors me tourner vers la méthode traditionnelle : foncer ou éclaircir ma couleur.
Et oui, c’est en grisaillant qu’on devient grisaillon et je n’ai pas encore suffisamment grisaillé !